Le département de la Justice des États-Unis arrête à LAX une femme de 34 ans accusée d'avoir surveillé la famille d'un haut responsable taïwanais sur ordre du gouvernement chinois

Le bureau du Federal Bureau of Investigation (FBI) de Los Angeles a arrêté une résidente de Californie âgée de 34 ans, accusée d'avoir surveillé, sur ordre du gouvernement chinois, la famille d'un haut responsable taïwanais résidant aux États-Unis. L'arrestation a eu lieu à l'aéroport international de Los Angeles (LAX). Selon le département de la Justice, cette femme était sur le point d'embarquer sur un vol pour la Chine.
Le bureau des affaires publiques du département de la Justice a publié un communiqué de presse le 5 octobre 2026, heure de l'Est des États-Unis (6 octobre, heure de Corée), annonçant l'arrestation, le dimanche 4 octobre, de Wanying Zhang (34 ans, nom anglais Heather Zhang), domiciliée à Irvine, en Californie. Le chef d'accusation retenu est d'« avoir agi en tant qu'agente du gouvernement de la République populaire de Chine sur le territoire des États-Unis sans notification préalable au procureur général des États-Unis ». La nationalité de Zhang n'est pas précisée dans le communiqué de presse du département de la Justice.
Ce qui change
Cette affaire revêt une importance particulière car des actes qualifiés par le FBI de « répression transnationale » (transnational repression) ont visé la famille d'une personnalité du gouvernement taïwanais sur le sol américain, faits documentés avec dates et messages textuels à l'appui dans un document officiel du département de la Justice. Il existe des précédents. En avril 2023, le département de la Justice avait annoncé l'arrestation de deux individus accusés d'exploiter un « poste de police secret » pour le compte du ministère de la Sécurité publique chinois à Manhattan, New York. Cette nouvelle affaire se distingue néanmoins par la nature de la cible : il ne s'agit pas de dissidents, mais de la famille d'un haut fonctionnaire taïwanais.
Peu après l'arrestation, le premier procureur fédéral adjoint Bill Essayli a écrit sur son compte X : « Nous venons d'arrêter à LAX une agente étrangère chinoise qui tentait de fuir vers la Chine ».
https://x.com/USAttyEssayli/status/2106881078317502927
Chronologie figurant dans la plainte
D'après le résumé de la plainte pénale publié par le département de la Justice, les activités de Zhang se sont étalées de juin à septembre 2025.
- Juin 2025 : Zhang a quitté le sud de la Californie pour se rendre en Chine, où elle a rencontré des représentants du gouvernement chinois et a reçu une mission de surveillance sur le sol américain, selon le département de la Justice.
- 29 août 2025 : Zhang et un autre individu ont pris un vol depuis l'aéroport John Wayne dans le comté d'Orange à destination de Las Vegas.
- 1er septembre 2025 : Les deux personnes se sont rendues de Las Vegas vers la région du Pacifique Nord-Ouest, où résident les victimes. Ce jour-là, Zhang a envoyé à un responsable chinois le message « En cours d'embarquement (Boarding now) » ainsi qu'une photo de sa carte d'embarquement.
- Après l'arrivée : Les deux individus se sont rendus au domicile des victimes pour les surveiller. Zhang a envoyé au même fonctionnaire chinois : « Je l'ai vu, un jeune homme, c'est le plus jeune (Saw him, young male, it's the young one) ». Lorsque le responsable a demandé un appel vocal, elle a répondu : « Je suis en train d'enregistrer une vidéo (I am videorecording) », selon le département de la Justice. Zhang a également transmis à cet officiel les plaques d'immatriculation de deux véhicules stationnés devant le domicile.
Le communiqué du département de la Justice qualifie simplement les victimes de « membres de la famille d'un haut responsable du gouvernement de Taïwan ». L'identité précise du responsable dont la famille était ciblée n'est pas mentionnée dans le document officiel.
Déclarations des autorités
Le procureur général adjoint chargé de la sécurité nationale au département de la Justice, John A. Eisenberg, a déclaré : « L'accusation centrale selon laquelle Mme Zhang a secrètement surveillé sur le sol américain des proches d'un haut dirigeant étranger sous la direction de la République populaire de Chine est extrêmement préoccupante ». La division de la sécurité nationale (NSD) du département de la Justice a également partagé le même communiqué et cette déclaration sur son compte officiel X.
https://x.com/DOJNatSec/status/2107201632341565765
Dans le communiqué de presse, le premier procureur fédéral adjoint Bill Essayli a déclaré : « Zhang est accusée d'avoir agi sur les instructions de fonctionnaires du gouvernement chinois pour surveiller la famille d'un haut responsable taïwanais aux États-Unis. Elle devra en répondre devant nos tribunaux ».
Roman Rozhavsky, directeur adjoint de la division de contre-espionnage du FBI, a souligné : « Cette plainte met en lumière un projet audacieux mené sous la direction du gouvernement chinois afin d'exécuter une mission de surveillance clandestine sur le sol américain, ciblant des proches parents d'un représentant du gouvernement taïwanais ». Il a ajouté que cette affaire « démontre la détermination du FBI à défendre la souveraineté de nos alliés démocratiques et à empêcher tout adversaire étranger, y compris le gouvernement chinois, de se livrer à des actes de répression transnationale à l'intérieur des frontières américaines ».
Le bureau du FBI de Los Angeles, chargé de l'enquête, a également publié l'annonce de l'arrestation et les chefs d'accusation sur son compte X.
https://x.com/FBILosAngeles/status/2107215648296169817
Sur son propre compte X, le directeur du FBI, Kash Patel, a qualifié l'affaire d'« accusations selon lesquelles le gouvernement chinois a dépêché un agent pour surveiller la famille du président taïwanais sur le sol américain ». Le directeur Patel a affirmé que Zhang tentait de prendre un avion pour Shanghai après avoir recueilli des photographies, des vidéos et des numéros de plaques d'immatriculation. Néanmoins, les mentions précises de « famille du président » et de la destination « Shanghai » ne figurent pas dans le corps du communiqué du département de la Justice, mais uniquement dans la publication personnelle du directeur Patel. Le libellé du département de la Justice reste « famille d'un haut responsable taïwanais », la formule « famille du président » relevant des propos de Patel.
https://x.com/FBIDirectorKash/status/2107118665401278662
Nature juridique : il ne s'agit pas d'« espionnage »
L'infraction reprochée dans cette affaire relève de la législation fédérale réprimant l'activité d'agent non enregistré pour le compte d'un gouvernement étranger. Bien que le communiqué du département de la Justice ne cite pas expressément l'article de loi, les termes employés renvoient à la violation de l'obligation de notification préalable au procureur général, un cadre juridique distinct de la loi sur l'espionnage (Espionage Act). C'est pourquoi le terme « espionne » n'est pas employé comme qualification juridique dans le titre ni dans le corps du texte. Dans l'intitulé du département de la Justice, l'expression « spied on relatives (a espionné des proches) » est assortie de la notion d'accusation (« alleging »).
Si elle est reconnue coupable, Zhang encourt une peine maximale de 10 ans d'emprisonnement, a précisé le département de la Justice. Il s'agit du plafond légal, la sentence effective devant être déterminée par le juge conformément aux directives fédérales de détermination des peines.
Le champ de la « répression transnationale » selon le FBI
Si ces accusations ne sont pas interprétées comme une simple affaire d'agent non déclaré, c'est en raison de la notion de « répression transnationale » (transnational repression) formalisée par le FBI. Le FBI la définit comme les actions menées par des gouvernements étrangers au-delà de leurs frontières pour intimider, faire taire, contraindre ou agresser des membres de la diaspora et des communautés en exil. L'inventaire des méthodes répertoriées par le FBI comprend la traque furtive, les campagnes de désinformation en ligne, le harcèlement et les menaces, les tentatives de rapatriement forcé vers le pays d'origine, les menaces et détentions exercées contre les familles et amis restés au pays, les procédures judiciaires abusives (y compris la rétention de documents légaux tels que les passeports), le piratage informatique, les agressions physiques, ainsi que les tentatives d'enlèvement et d'assassinat. Le FBI recense parmi les cibles potentielles les militants politiques et des droits humains, les dissidents, les journalistes, les opposants politiques ainsi que les minorités religieuses et ethniques.
Dans l'affaire Zhang, le cœur des faits actuellement reprochés par le département de la Justice s'apparente principalement à une surveillance physique. La plainte pénale mentionne une surveillance devant le domicile, l'envoi d'un message indiquant un enregistrement vidéo en cours, et la transmission de plaques d'immatriculation. Aucune annonce n'indique que des actes de violence physique ou d'enlèvement, tels qu'évoqués dans la définition générale du FBI, soient reprochés à Zhang. Les actes imputés à titre individuel à Zhang se limitent au périmètre de surveillance et de transmission de données précisé par la plainte du département de la Justice. Le FBI rappelle que les libertés de toute personne présente sur le sol américain sont protégées indépendamment de sa citoyenneté, et invite à signaler tout soupçon de répression transnationale au 1-800-CALL-FBI (1-800-225-5324) ou sur tips.fbi.gov. Cet avis d'information générale est le canal de signalement habituel et n'a pas été formulé par le département de la Justice comme une voie spécifique réservée aux victimes de la présente affaire.
Différences avec l'affaire du « poste de police secret » de New York en 2023
Le précédent emblématique où le département de la Justice a appliqué publiquement un cadre juridique similaire remonte à l'annonce du 17 avril 2023. À cette date, les autorités avaient fait part de l'arrestation de deux résidents de New York, Lu Jianwang (« Harry » Lu Jianwang, alors âgé de 61 ans) et Chen Jinping (alors âgé de 59 ans), accusés d'avoir ouvert et administré un poste de police clandestin à l'étranger pour le compte de l'antenne municipale de Fuzhou du ministère de la Sécurité publique chinois, dans le bas de Manhattan. Le département de la Justice avait indiqué que ces locaux avaient fermé à l'automne 2022 après que les exploitants avaient eu vent de l'enquête du FBI, et que le FBI y avait conduit une perquisition autorisée par un juge en octobre 2022. Les deux hommes étaient également poursuivis pour entrave à la justice pour destruction de preuves, après avoir supprimé leurs communications avec un fonctionnaire du ministère de la Sécurité publique.
Bien que les deux affaires partagent l'accusation d'« avoir agi en tant qu'agent d'un gouvernement étranger sans notification préalable au procureur général », la matérialité des faits diffère. L'affaire de 2023 reposait sur une infrastructure physique fixe, des liens étroits avec une branche locale de la Sécurité publique chinoise et des missions visant à localiser des dissidents. Dans le dossier Zhang, aucune installation de bureau ni destruction de preuves n'est évoquée par le département de la Justice ; les éléments centraux résident dans la surveillance du domicile de proches d'un haut responsable taïwanais et dans une arrestation in extremis avant le départ du territoire. Les plafonds de peine varient également selon les chefs retenus. En 2023, le département de la Justice indiquait une peine maximale de 5 ans pour complot en vue d'agir comme agent étranger et jusqu'à 20 ans pour entrave à la justice. Zhang est pour sa part mise en cause pour un seul chef d'action non enregistrée en tant qu'agente, sans accusation de complot, passible d'une peine maximale de 10 ans. Il convient de ne pas confondre ces montants de peine comme s'ils s'appliquaient à une qualification identique.
Les déclarations de hauts responsables lors de l'annonce de 2023 illustrent également cette différence d'échelle. Matthew Olsen, alors procureur général adjoint à la sécurité nationale, avait déclaré que la Chine avait « établi une présence physique clandestine à New York afin de surveiller et d'intimider des dissidents et des voix critiques à l'égard du régime ». Le procureur fédéral pour le district Est de New York, Breon Peace, avait affirmé que « les postes de police secrets n'ont pas leur place à New York ni dans aucune communauté américaine ». Dans l'affaire concernant Zhang, les interventions du procureur général adjoint Eisenberg, du procureur adjoint Essayli et du directeur adjoint Rozhavsky se focalisent, comme cité précédemment, sur la « surveillance clandestine sur le sol américain » et l'« endiguement de la répression transnationale ». Les cibles et les lieux concernés ne sont pas identiques.
Le même jour en 2023, parallèlement à l'affaire du poste de police secret, le département de la Justice avait rendu publiques deux plaintes visant 44 accusés, parmi lesquels 40 agents de la police nationale chinoise et deux membres de l'Administration du cyberespace de Chine (CAC), pour des opérations de répression transnationale. Selon les autorités, 34 policiers rattachés au « Groupe de travail du projet spécial 912 » étaient poursuivis pour avoir créé massivement de faux profils sur les réseaux sociaux afin de harceler et de menacer des dissidents chinois résidant à l'étranger, notamment aux États-Unis. La seconde plainte visait 10 individus, dont un ancien employé d'une entreprise américaine de télécommunications, accusés d'avoir perturbé des réunions de dissidents sur une plateforme de visioconférence et fait suspendre leurs comptes. Le département de la Justice précisait que ces prévenus résidaient en Chine ou en Asie et n'avaient pas été appréhendés.
Ces deux précédents ne partagent pas rigoureusement les mêmes dispositions légales ni la même typologie de cibles que le cas de Zhang, mais ils illustrent la façon dont le département de la Justice a articulé dès 2023 la « répression transnationale » autour d'un ensemble combinant implantations physiques, harcèlement en ligne et censure sur les plateformes. L'affaire Zhang représente, dans ce dispositif d'ensemble, une manifestation circonscrite par les actes d'accusation à la surveillance physique d'un domicile et à la transmission de clichés vidéo et de numéros de plaques d'immatriculation. La gestion de faux profils numériques ou le piratage de réunions virtuelles ne lui étant pas reprochés, les faits décrits dans les dossiers de 2023 ne sauraient être extrapolés à la conduite de Zhang.
Éléments constitutifs de l'infraction : l'obligation de notification a-t-elle été violée ?
Selon les directives publiées par la division de la sécurité nationale (NSD) du département de la Justice, le texte fédéral au fondement de ce type de poursuites, l'article 18 U.S.C. § 951, sanctionne toute personne qui, sans être diplomate ou membre du corps consulaire, agit aux États-Unis sous les instructions ou le contrôle d'un gouvernement étranger ou de ses représentants sans en avoir préalablement avisé le procureur général. Dans ces mêmes directives, le département de la Justice précise qu'il existe des exceptions restreintes pour les personnes engagées dans des transactions commerciales légitimes, et que l'enregistrement au titre de la loi sur l'enregistrement des agents étrangers (FARA) peut valoir accomplissement de la notification requise par le § 951. Le texte légal définit l'« agent d'un gouvernement étranger » comme tout individu acceptant d'agir aux États-Unis sous la direction ou le contrôle d'une autorité étrangère ou de ses agents, tout en excluant expressément le personnel diplomatique et consulaire accrédité ainsi que les représentants officiels et reconnus d'États étrangers et leur personnel de soutien.
En vertu de cette structure juridique, le débat lors d'un procès ne se limite pas à la matérialité de la surveillance elle-même. L'accusation doit également prouver que Zhang a agi sous la direction ou le contrôle de fonctionnaires du gouvernement chinois, qu'elle a consenti à cette relation pour agir aux États-Unis, et qu'aucune notification préalable requise n'a été effectuée. C'est la raison pour laquelle le communiqué du département de la Justice mentionne conjointement les termes « à la demande de fonctionnaires du gouvernement chinois (at the direction of Chinese government officials) » et « sans notification préalable au procureur général (without prior notification to the Attorney General) ». À l'inverse, le § 951 ne prohibe pas indistinctement toutes les activités en lien avec l'étranger, des dérogations et exclusions explicites étant prévues par les textes. Le département de la Justice a donc articulé ses poursuites autour de l'existence d'une relation d'agence et du manquement à l'obligation de notification, plutôt que sur la finalité du renseignement recueilli ou son caractère classifié.
Les procureurs chargés du dossier sont formellement nommés dans le communiqué du département de la Justice. Scott M. Lara, procureur principal à la section de contre-espionnage et de contrôle des exportations de la NSD, conduit les poursuites aux côtés des procureurs fédéraux adjoints Amanda B. Elbogen et Colin S. Scott du district central de Californie. L'enquête a été menée par le bureau du FBI de Los Angeles. En revanche, l'identité de « l'autre individu » cité dans la plainte, celle des fonctionnaires chinois destinataires des messages et celle des membres de la famille ciblée ne sont pas divulguées dans le communiqué officiel. Ces identités demeurent non publiées.
Positions de la Chine et de Taïwan
Le communiqué du département de la Justice ne fait état d'aucune réaction officielle du gouvernement chinois ni du gouvernement taïwanais. Les positions de Pékin, de Taipei ainsi que de la défense de Zhang ne figurent pas dans les pièces rendues publiques au stade de la plainte pénale. Il convient dès lors de ne pas évaluer cette affaire sur le seul fondement des allégations de l'accusation en l'absence des arguments de la défense.
Prochaines étapes
Zhang devait comparaître pour la première fois devant le tribunal fédéral de district de Los Angeles dans l'après-midi du 5 octobre (heure locale), au lendemain de son arrestation, afin de procéder aux formalités de première comparution, a indiqué le département de la Justice. La procédure n'en est pour l'instant qu'au stade de la plainte pénale (criminal complaint) ; une éventuelle inculpation formelle par un grand jury fédéral (indictment) constituera la prochaine étape procédurale. L'enquête est dirigée par le bureau du FBI de Los Angeles, tandis que l'accusation est portée par la section de contre-espionnage et de contrôle des exportations de la NSD et par le parquet fédéral du district central de Californie.
Texte original du département de la Justice : « A criminal complaint is merely an allegation. All defendants are presumed innocent until proven guilty beyond a reasonable doubt in a court of law. »
Sources
- Communiqué de presse du bureau des affaires publiques du département de la Justice des États-Unis, 5 octobre 2026 : https://www.justice.gov/opa/pr/california-woman-arrested-charges-alleging-she-acted-agent-china-and-spied-relatives-us
- FBI, page d'information « Transnational Repression » : https://www.fbi.gov/investigate/counterintelligence/transnational-repression
- Communiqué de presse du bureau des affaires publiques du département de la Justice des États-Unis, 17 avril 2023 (affaire du « poste de police secret » de New York) : https://www.justice.gov/archives/opa/pr/two-arrested-operating-illegal-overseas-police-station-chinese-government
- Division de la sécurité nationale du département de la Justice des États-Unis, textes législatifs relatifs au FARA (y compris 18 U.S.C. § 951) : https://www.justice.gov/nsd-fara/fara-related-statutes
- Communiqué de presse du bureau des affaires publiques du département de la Justice des États-Unis, 17 avril 2023 (inculpation de 40 policiers chinois pour des faits de répression transnationale) : https://www.justice.gov/archives/opa/pr/40-officers-china-s-national-police-charged-transnational-repression-schemes-targeting-us
- Les publications X citées dans le texte proviennent toutes des comptes officiels d'organismes gouvernementaux ou des personnalités concernées.